On eut, il est vrai, une diversion: Alex passa enfin sa licence. On ne le cria point sur les toits, car c’était là un fruit blet, que l’on avait manqué de cueillir à temps... N’importe! l’an prochain, Alex serait avocat. Où?

—On ne m’ôtera pas de l’idée, dit simplement madame d’Oudart, que tes assises, en Poitou, aient été pour toi, mon enfant, d’un puissant secours...

Alex ne prétendait pas le contraire.

Et sa mère laissait échapper parfois, comme un cri plaintif:

—Thurageau nous néglige...

Elle lui écrivit soudain, à propos de ses affaires, puis se mit à correspondre avec lui si fréquemment, et si hors de propos, que le malin notaire soupçonna que le vent avait tourné, rue Férou. Il écrivit, lui, une lettre enjouée, une lettre d’ami, une lettre qui rappelait le Thurageau organisateur de divertissements, le Thurageau voiturant Alex en tilbury de Poitiers à Nouaillé. Il y rapportait, entre autres choses, et comme au hasard, une conversation qu’il avait eue récemment avec M. Lanteaulme, au cours de laquelle ce monsieur, s’informant d’Alex,—dont il n’oubliait point l’argumentation habile, lors du toit effondré,—lui avait dit qu’il était regrettable que la province fût privée de «ses meilleurs sujets».

Il ne s’était pas compromis, M. Lanteaulme; il ne se compromettait guère, maître Thurageau. Madame d’Oudart se tint pour flattée des paroles de M. Lanteaulme.

Elle prit à part son fils et lui dit:

—Mon enfant, tu as en Thurageau un vieil ami et un guide. Au moment où ton avenir va franchement se décider,—il s’agit de savoir où tu seras inscrit au barreau,—je serais bien aise que tu fisses un petit tour à Poitiers: tu le verrais, lui parlerais; te voilà maintenant d’âge à juger par toi-même les arguments qu’il te présentera.

Alex, en un langage qui était encore de son âge, répondit: