O folie dont rien ne peut guérir! Ce cœur qui d'un si rude élan s'est porté vers l'amour jamais ne se déprendra de l'amour:

Enfants, regardez bien toutes les plaines rondes,

La capucine avec ses abeilles autour,

Regardez bien l'étang, les champs, avant l'amour,

Car après on ne voit plus jamais rien du monde.

Après l'on ne voit plus que son cœur devant soi,

On ne voit plus qu'un peu de flamme sur sa route,

On n'entend rien, on ne sait rien, et l'on écoute

Les pieds du triste Amour qui court ou qui s'asseoit.[ [44]

Qu'il vienne donc, le désirable et redoutable amour. Non seulement on consent à l'accueillir, mais de tout son être on l'appelle. Par une étrange fusion du caractère viril avec le féminin, l'amour dans l'œuvre de Madame de Noailles n'est pas seulement passion, il est action, recherche et presque provocation. Un poème de l'Ombre des Jours fait entendre cette curieuse plainte: