[545-1] J'ai montré déjà, par une note, que, dans les sources scandinaves, Högni s'associe au serment. J'ai montré aussi, par une autre note, comment on peut croire que Wagner a transféré, sur son Hagen, ce que ces mêmes sources disaient de Gutthorm, «beau-fils de Giuki, mais non de sa race». Je rappelle plus loin que, d'après l'Edda, c'est ce même Gutthorm qu'on charge de tuer Sigurd, comme n'étant point lié à lui par les mêmes serments que Gunnar et Högni.—Dans la Tétralogie, Hagen, beau-fils de Gibich mais non de sa race, s'abstient de s'engager, mais c'est consciemment: non par cette feinte humilité, symétrique,—ai-je ailleurs noté,—à celle du Loge de L'Or-du-Rhin, mais pour se réserver sa liberté d'action.
[546-1] «Ils firent vingt milles avant la nuit par un bon vent qui soufflait vers la mer... Au douzième matin, ainsi l'avons-nous entendu dire, les vents les avaient portés au loin vers Isenstein, au pays de Brunhilt.» (Nibelunge-nôt, VI, 63.)
[546-2] «Aussitôt il fixe les noces; il ne voulait pas attendre longtemps.» (Chants des Iles Féroë.)
[546-3] «Siegfrid saisit aussitôt un aviron et poussa la barque loin du rivage. Gunther prit lui-même une rame. Ils s'éloignèrent de la terre, ces héros rapides et dignes de louanges.»—«Les fiers compagnons étaient emportés sur les flots du Rhin.» (Nibelunge-nôt, VI, 63.)
[547-1] «Un fort vent enflait la voile de la barque. ... Voilà que le roi Gunther parla:—Qui sera le pilote?—Moi, dit Siegfrid. Je puis vous conduire là-bas sur les ondes. Les vrais chemins me sont connus.» (Nibelunge-nôt, VI, 63.)
[547-2] Hagen, le frère bâtard de Gunther et de Gutrune, Hagen est donc le fils d'Alberich. Il le fallait bien pour l'unité de l'œuvre,—chacun s'en pourra rendre compte. Aussi Wagner n'eut-il que faire de s'occuper de cet Aldriàn que le Nibelunge-nôt nommait comme le père de Hagene de Troneje; il n'avait pas à se demander si cet Aldriàn correspond à l'Albriàn d'un autre poème, La Sortie de Ecke (Ecken Ausfahrt),—lequel correspondrait lui-même à Alberich... Il combina, et il fit bien, le Högni et le Gutthorm des sources scandinaves, l'un frère légitime et conseiller, l'autre demi-frère de Gunnar (voir la note 1 de la p. 526) avec le Hagene du poème allemand. De ce dernier, Wagner laissa le plus possible, à son personnage de synthèse, l'effroyable physionomie plus qu'héroïque, comme parle Grimm (mehr als heroisch); et, s'il lui donna pour père le Nibelung, c'est simplement que cette conception se trouva dictée par la logique. Des notes ultérieures insistent, et démontrent.
[550-1] Voir d'abord la note (2) de la page 492.—«Les Ases ont de tristes pressentiments... C'est pourquoi Hugen hâte ses recherches dans le ciel; les dieux appréhendent des chagrins s'il tarde longtemps.» (Poème du Corbeau d'Odin, 2, 3.)
[550-2] Littéralement: «se brisa».
[553-1] «Siegfrid devait donc porter ce chaperon, qu'il avait enlevé, non sans peine, le héros intrépide, à un nain qui s'appelait Albrich... Lorsque le fort Siegfrid portait la Tarnkappe, il était d'une vigueur terrible. Son corps seul possédait la force de douze hommes. Il conquit avec grande adresse la femme superbe. Ce chaperon était ainsi fait que celui qui le portait faisait ce qu'il voulait sans être vu. C'est par ce moyen qu'il conquit Brunhilt. (Nibelunge-nôt, VI, 37.)
[553-2] «Alors Sigurd prit la forme et le nom de Gunnar.., et traversa Wafurlogi, le feu aux langues de flamme.» (Edda de Snorro.)