[570-2] On ne peut s'empêcher de se rappeler ici tel célèbre épisode du Nibelunge-nôt: Kriemhilt pleure Siegfrid depuis treize années, lorsque le roi Etzel envoie demander sa main par le très loyal Ruedigèr, dont toutes les instances demeurent vaines jusqu'à ce qu'il ait dit à la veuve: «Cessez de gémir. Quand, chez les Hiunen, vous n'auriez que moi, mes parents dévoués et mes fidèles, si quelqu'un vous avait offensée, il aurait à le payer chèrement.» ...Alors Ruedigèr et tous ses hommes lui jurèrent de la servir toujours fidèlement et lui promirent que les magnanimes guerriers du pays d'Etzel ne lui refuseraient jamais rien de ce que pourrait réclamer son honneur.» (XX, 189.)

[570-3] «Le roi et ses illustres hôtes avaient traversé le fleuve... On entendait le bruit de maints boucliers violemment entrechoqués. Leurs pointes, richement ornées, résonnaient au loin sous les coups... Gunther descendit du vaisseau avec ses hôtes. Il conduisait lui-même Brunhilt par la main.» (Nibelunge-nôt, X, 91)—«De tous côtés on entendait retentir de terribles cris d'allégresse.» (Id., 94.)

[571-1] Voir la note (2) de la page 527.

[571-2] «Le margrave Gère conduisit par la bride le cheval de Kriemhilt, mais seulement jusqu'aux portes du Burg. Au-delà Siegfrid, l'homme brave, la servit tendrement... Un grand nombre de chevaliers et de vierges les suivaient. Jamais, il faut l'avouer, on n'avait vu à pareille réception tant de femmes réunies.» (Nibelunge-nôt, X, 91.)

[571-3] «Le roi Gunther parla: «O ma très noble sœur...» (Nibelunge-nôt, VI, 59.) «Nous voulons, sœur chérie...» (Id., 60.)

[571-4] «Le roi Gunther parla: O ma très charmante sœur que par ta vertu mon serment s'accomplisse. Je t'ai promise à un héros. S'il devient ton époux, tu auras rempli mes vœux avec une grande fidélité.» (Nibelunge-nôt, X, 95.)

[571-5] «Le même jour on boira aux noces de Sigurd et de Gunnar dans les salles de Giuki.» (Grepisspà.) «En face de l'hôte on voyait assis Siegfrid et Kriemhilt. Maint vaillant le servait... De l'autre côté étaient assis le roi et Brunhilt la vierge.» (Nibelunge-nôt, X, 96.)

[572-1] «Quand elle vit Kriemhilt à côté de Siegfrid (jamais elle n'eut tant de peine), elle se prit à pleurer. Le long de ses blanches joues, on voyait tomber des larmes.» (Nibelunge-nôt, X, 96.)

[572-2] Dans le Nibelunge-nôt, Gunther dit à Brunhilt: «Qu'y a-t-il, ma femme, que vous laissiez obscurcir ainsi le brillant éclat de vos yeux? Il faut vous réjouir plutôt...»—«Ah! plutôt je veux pleurer, répondit la belle vierge: c'est pour votre sœur que j'ai ainsi le cœur navré. Je la vois assise à côté de votre homme-lige, et il me faut pleurer de la voir à ce point abaissée.»—«Je le regretterai sans cesse, reprit-elle... Si je savais où aller, je fuirais volontiers, et plus jamais je ne serais assise à vos côtés jusqu'à ce que vous m'ayez dit pourquoi Siegfrid est devenu l'époux de Kriemhilt.» (X, 96-97.) «Quoi que Gunther pût lui dire, elle conserva sa sombre humeur.» (Id., 97.)

[573-1] Voir la note (2) de page 570.