Cinq heures.
Au jardin.
Mme Pasquelin et Cécile cousent à l'ombre d'un parasol de toile, près de l'espalier qui borde l'enclos.

Assises sur des chaises voisines, elles parlent bas, sans mouvoir les lèvres.
Jean paraît au perron, sa lettre dépliée à la main. Il franchit, en approchant, comme la résistance d'une zone hostile.
Un silence l'accueille.

JEAN.—Je veux vous tenir au courant de ma réponse à l'abbé Miriel Je lui envoie ma démission.

L'assurance de sa voix fait frissonner les deux femmes.

Mais Mme Pasquelin, d'instinct plus combattif, dissimule d'abord son anxiété.

MADAME PASQUELIN.—Ta démission? Tu plaisantes?

Cécile a laissé tomber son ouvrage sur ses genoux. Elle présente le front, lisse et bombé comme une cuirasse.

Depuis hier elle vit dans une stupeur désespérée. Le jugement du Directeur de Venceslas lui a fait prendre conscience de toute la réalité: elle s'inquiète peu de la situation compromise; elle ne pense qu'au salut éternel: Jean est un athée!...

JEAN.—Vous semblez surprises. Je me demande pourtant ce que vous pouviez prévoir? L'ultimatum...

MADAME PASQUELIN (avec vivacité).—Oh, il n'a jamais été question d'ultimatum. Tu dramatises tout!