L'abbé Miriel a été très peiné de ce que tu osais dire à tes élèves; mais il n'a jamais pensé à te congédier. Il ne le voudrait pas ... ne fût-ce que par égard pour moi. Il exige seulement que tu fasses ton cours autrement; (souriant) tu avoueras qu'il sait mieux que toi ce que tu dois faire, puisqu'il est ton Directeur...

Jean détourne les yeux sans répondre.

Mme Pasquelin veut prendre avantage de ce silence. Et avec une bonhomie factice, elle cherche à pallier le débat.

MADAME PASQUELIN.—Allons, voyons, ne fais pas de sottises. Tu t'es monté la tête. Le Directeur lui-même n'attache pas à ces incartades plus d'importance qu'il ne faut; il est prêt à les oublier. (Son sourire feint est douloureux à voir.) Allons, ne t'entête pas... Déchire cette lettre, et va lui en écrire une autre...

JEAN (avec lassitude).—Ne discutons pas. Ma décision est prise.

MADAME PASQUELIN (violemment).—Tu ne peux pas faire ça! N'est-ce pas, Cécile?

JEAN.—C'est fait.

MADAME PASQUELIN.—Non. Je te défends d'envoyer cette lettre.

JEAN (perdant patience).—Mais enfin, si l'on vous demandait à l'une ou à l'autre, de renier vos croyances religieuses pour conserver un emploi qu'est-ce que vous répondriez?

MADAME PASQUELIN (furieuse).—Comme si c'était la même chose!