JEAN.—Oui, je sais: Ce n'est pas «la même chose». Eh bien, vous vous trompez: c'est tellement la même chose, que je n'ai pas hésité une seconde! J'aurais même dû comprendre plus tôt que je n'étais pas à ma place dans ce collège de prêtres, et m'en aller de moi-même. Je regrette de m'être laissé aveugler si longtemps.
Mme Pasquelin reste perplexe. Le masque de Jean, son regard froncé, sa bouche volontaire, l'effrayent. Elle maîtrise sa colère.
MADAME PASQUELIN.—Jean, je t'en supplie... Si tu perds ce poste, qu'est-ce que tu feras?
JEAN.—Oh, soyez sans crainte; je ne manque ni de projets, ni de moyens de dépenser mon activité.
MADAME PASQUELIN.—De beaux projets! Tu ne pourras que t'ancrer plus profondément dans tes mauvaises idées!
JEAN (saisissant l'occasion).—Certes! Maintenant que je suis libre (il soulève sa lettre,) je ne me plierai plus à toutes les concessions, à tous les compromis auxquels j'ai consenti jusqu'ici, et dont j'ai honte vis-à-vis de moi-même... C'était une transition, soit: mais le temps en est révolu.
Cécile, atteinte au vif, s'est redressée.
CÉCILE.—«Maintenant que tu es libre», Jean? Et moi?
JEAN (interloqué).—Toi? Eh bien?
Ils se toisent, heurtant deux regards où ne subsiste aucune trace des tendresses passées.