D'instinct, l'enfant est revenu se blottir contre son père.

LE DOCTEUR (l'entourant d'un bras).—Si je pouvais quitter mes malades, ma clinique, ma salle d'opération, et me consacrer à toi, mon petit, je te tirerais d'affaire, j'en réponds... (Avec force) Eh bien, ce que je ne peux pas, ce que je n'ai pas le droit de faire, tu le peux, toi, guidé par moi. (Au visage.) Veux-tu?

JEAN (dans un grand élan).—Ah, papa, je te promets... Je vais m'y mettre, va!...

Une pause.
Le docteur sourit.

JEAN (après réflexion, à mi-voix).—L'abbé Joziers va dire des messes pour moi...

LE DOCTEUR (avec douceur).—Si tu veux. Mais ça ne suffirait pas. Il y a plus pressé, pour l'instant.

Jean recule d'un pas.

LE DOCTEUR (lentement).—Comprends-moi, mon petit, et crois ce que je te dis... Je te répète que ta pauvre maman a succombé parce qu'elle n'avait pas eu confiance...

L'enfant se rapproche.

LE DOCTEUR.—Tu penses bien que je n'ai pas cherché à te blesser. Je compte même beaucoup sur ta piété pour te soutenir dans cette lutte. Seulement, vois-tu, il y a un proverbe: «Aide-toi, le ciel t'aidera.» Prie de tout ton cœur, mon enfant, mais n'oublie jamais qu'il faut subordonner tout,—même tes prières, tu entends?—au traitement d'hygiène que je vois te donner. (Avec une fougue persuasive.) Et ce traitement-là, Jean, si tu veux guérir, il faudra le suivre, je ne dis pas seulement avec bonne volonté, ni avec suite, comprends-tu, mon chéri...