Woldsmuth, silencieux, les épaules basses, se tient à l'écart dans l'encoignure de la cheminée, si menu qu'il semble assis.

Barois lui tend un siège. Lui-même se campe au milieu de la pièce, à califourchon sur un escabeau.

BAROIS (ouvrant une boîte sur le bureau).—Voilà des cigarettes... Nous y sommes? (Sourires.) Quand vous êtes arrivés, nous discutions, Harbaroux et moi, sur ceci: faut-il que notre première réunion soit simplement une prise de contact, libre et fraternelle... (Donnant la parole à Harbaroux.) Ou bien...

HARBAROUX.—Ou bien une première séance de travail utile, d'après un plan prémédité?

BAROIS.—Je crois que la bonne direction vient de nous être donnée par Cresteil.

CRESTEIL.—Par Lamennais...

BAROIS.—Nous ne voulons pas seulement fonder un groupement de travail; ce serait trop peu. Nous voulons, avant tout, n'est-ce pas? associer nos tempéraments. Il y faut de la spontanéité. (Cordial.) Nous voici entre nous, animés des mêmes désirs, guidés par la même conscience: que chacun apporte au foyer commun sa flamme personnelle...

Il hésite un instant, puis reprend:

Je continue, puisque j'ai commencé un véritable discours... D'où est venue l'idée première de ce groupement? (Il se tourne vers Breil-Zoeger.)

ZOEGER (vivement).—De toi.