Un silence.

HARBAROUX (méthodique).—Ne pensez-vous pas qu'il faudrait noter nos projets par écrit?

Pas de réponse; on ne semble pas avoir entendu.
Il est tard.

Aux généreux bouillonnements a succédé une vague somnolence; il plane une impalpable tristesse, un relent aigre d'enthousiasme refroidi.

CRESTEIL.—Notre premier numéro va éclater comme une fanfare!

Sa voix, de plus en plus enrouée, a perdu son timbre triomphal; elle sombre dans le silence, qui se referme sur elle, comme une eau morte.

ROLL (les yeux gonflés de fatigue).—Permettez-moi de me retirer... L'atelier, demain, à sept heures...

HARBAROUX.—Vous savez, il va être deux heures... (A Cresteil.) Au revoir.

CRESTEIL.—Mais nous partons tous...

Triste départ.
Barois, resté seul, ouvre la fenêtre, et s'accoude au bord de la nuit glacée.
Dans l'escalier.