(Un temps. Sans le regarder, elle conclut, avec une franchise un peu distante.) Vous avez une belle vie.
Sa voix est gutturale, comme celle de Woldsmuth, avec, en plus, une désinvolture un peu rude.
Il ne répond rien. Etrange créature...
BAROIS (après un silence).—Woldsmuth ne m'avait pas dit qu'il s'occupait encore de chimie.
Julia tourne précipitamment la tête: un peu de fièvre dans ses prunelles fluides...
JULIA.—Il ne raconte rien, parce qu'il travaille, il cherche... Il se dit: «Quand j'aurai trouvé, je parlerai...»
Barois ne questionne pas, mais son attitude interroge.
JULIA.—Il n'a pourtant aucun mystère à faire avec vous, Monsieur Barois. Vous êtes un biologiste.
(D'une voix plus chaude.) Oncle pense qu'un jour l'homme arrivera, en réunissant certaines conditions dans un milieu parfaitement approprié, à créer de la vie... (Un sourire très simple.)
BAROIS.—A créer de la vie?