Barois essaye de protéger Julia.
Portal, qui connaît les aîtres, ouvre précipitamment la porte d'un vestiaire. Zola et ses fidèles s'y engouffrent.
Zola est adossé à un pilastre, nu-tête, très pâle, sans lorgnon, les paupières à demi plissées sur ses yeux fureteurs de myope, les lèvres serrées. Ses regards vont et viennent. Il aperçoit Luce, puis Barois, et leur tend la main, brusquement, sans un mot.
Enfin les agents ont fait une trouée.
Le Préfet de police apparaît, dirigeant en personne le service d'ordre.
La petite phalange repart. Zoeger, Harbaroux, Woldsmuth, Cresteil, viennent se joindre à eux.
Par un détour, sous la conduite du Préfet, ils atteignent le grand escalier du boulevard du Palais.
Une foule compacte a envahi la Cour et les rues: tout le quartier, jusqu'aux murs de l'Hôtel-Dieu, appartient aux manifestants: mouvante masse grise dans cette fin de journée d'hiver, que les réverbères pointillent déjà de halos jaunes.
Des cris, des huées, des injures inintelligibles, coupées de sifflets stridents. Une clameur ininterrompue, que martèle comme un refrain: «A mort!... A mort!...»
Au seuil des marches, Zola, les traits crispés, se penche vers les siens.
ZOLA.—Les cannibales...