Puis, le cœur défaillant, mais d'un pied ferme, il descend les degrés, appuyé sur le bras d'un ami.

Un espace libre a pu être ménagé au bas du perron: sa voiture attend, encadrée de gardes à cheval.

Il veut se retourner, serrer quelques mains. Mais les hurlements redoublent...
—A l'eau!... A mort le traître!.. A la Seine!...

—Mort à Zola!
Le Préfet de police, très nerveux, hâte le départ.

L'attelage démarre, au petit trot.

Des projectiles s'abattent, pulvérisant les vitres des portières.

Des cris âpres, sanguinaires, poursuivent, comme une meute qu'on lance à la curée, le landeau qui disparaît dans le crépuscule.

LUCE (la gorge serrée, à Barois).—Un peu de sang frais, et ce serait le massacre...

Le commandant Esterhazy paraît, suivi d'un général; on les acclame jusqu'à leur voiture.

Bientôt le cordon des agents est rompu. Barois essaye d'entraîner Julia et Luce; mais la foule est dense.