JEAN (s'asseyant).—Ah, j'aurais besoin, un jour, de causer longuement avec vous de vider mon sac...

SCHERTZ (rêveur).—Oui...

Son regard fait le tour de la pièce, se pose sur celui de Jean, et s'y enfonce brusquement. Puis il hésite, baisse les yeux, et réfléchit intensément quelques secondes.

SCHERTZ.—Vous le voulez?

Ils se regardent en silence, émus tous deux. Ils pressentent une de ces heures d'épanchement total, où deux âmes de jeunes hommes, préparées par l'amitié, s'étreignent spontanément et se pénètrent.

SCHERTZ (avec douceur).—Qu'y a-t-il donc?

JEAN (s'abandonnant).—Il y a que je suis dans un fichu état moral...

SCHERTZ.—Moral?

JEAN.—Religieux, plutôt.

SCHERTZ.—Depuis quand?