LUCE.—Je suis bouleversé, mon cher ami... Que s'est-il passé?

Barois, essoufflé par les trois étages, s'assied lourdement, le poing sur le cœur; son sourire demande quelque répit.

LUCE (après un instant).—Je n'ai trouvé dans votre mot aucun motif plausible...

BAROIS.—Je vous en prie, mon vieil ami, ne cherchez pas à me convaincre. Ma décision est prise.

Luce fait un geste d'incompréhension, et va s'asseoir à son bureau.

BAROIS.—J'y pensais depuis longtemps, ce n'est pas un coup de tête.

LUCE (attentif).—Remettez-vous à un nouveau travail, Barois, et vous verrez, vous retrouverez vite l'équilibre!

BAROIS.—Je suis incapable de faire un projet. (Soucieux.) D'ailleurs je vais avoir à m'absenter bientôt... Vous savez, cette cérémonie en Belgique... Ma fille...

LUCE (vivement).—Ah... Eh bien, attendez, croyez-moi; ne prenez aucun parti avant votre retour.

Barois devine sa pensée; il sourit péniblement.