BAROIS.—Tenez, lisez ça, voulez-vous?

Vingt minutes passent.
Le jour décroît.

Luce s'est levé, pour s'approcher de la fenêtre. Une symphonie de blancheurs: la vitre blême, le rideau de mousseline, son front pâle, sa barbe, les feuillets...

Les coins de la chambre s'emplissent de grisaille.

Barois, les yeux fixes, attend.
Luce tourne la dernière page. Il la lit jusqu'au bout, attentivement; la main qui tient le manuscrit s'abaisse; il retire ses lunettes; ses paupières se plissent à chercher Barois dans la pénombre.

LUCE.—Mon pauvre ami, que voulez-vous que je vous dise? Je ne peux plus rien pour vous, maintenant...

(Après une pause.) Non ... je ne peux plus rien pour vous, moi...


IV

A Wassignies-sur-Lys, près de Gand.
La voiture de Barois longe un mur de couvent et s'arrête devant un portail, qui s'entr'ouvre aussitôt. Il traverse une cour déserte, hésite, et se dirige vers le perron central; lorsqu'il atteint la dernière marche, la porte close s'ouvre devant lui.