L'ABBÉ.—Ne croyez-vous pas qu'à un certain niveau de pensée, lorsqu'on est décidé à prendre au sérieux la vérité et à suivre sa conscience, il est bien difficile d'être de son parti, sans être aussi un peu de l'autre?

Jean l'examine, sans répondre.

L'ABBÉ (après un temps).—C'est M. Breil-Zoeger qui a pris votre succession?

JEAN.—Non. C'est un jeune, un nommé Dalier, un sectaire. Mais il n'est que le prête-nom de Zoeger, qui a toujours aimé se tenir dans la coulisse.

L'ABBÉ.—Vous ne vous en occupez plus du tout?

JEAN (brusque).—Oh, non, plus du tout! Et je vous prie de croire que je désapprouve entièrement la tournure anarchiste, de plus en plus accusée, qu'ils donnent à leur revue!

L'abbé garde le silence.

JEAN.—D'ailleurs, je n'ai plus aucune relation avec eux. J'ai rompu définitivement. (Prenant des brochures sur une étagère.) On m'envoie les fascicules, par habitude; mais, voyez, je n'ai même pas coupé les derniers... A quoi bon? Je n'y trouve que des sujets d'irritation!

(Il fronce les sourcils, et éparpille les revues devant lui; puis il cherche à dévier la conversation.) Je ne suis plus en correspondance qu'avec Marc-Elie Luce, et un vieil ami des mauvais jours, Ulric Woldsmuth.

L'ABBÉ.—Le chimiste?