— Soyez contente, alors, dis-je.

Car j’avais au fond de moi l’âme déchirée.

— Pardonnez-moi !

Elle était calme, et je revins à mon chagrin et ma joie.

— Ce fut parce que je les aimais tant, dit-elle enfin d’une voix entrecoupée. Ce fut pour cela, même dès le commencement… même avant de savoir qu’ils… qu’ils étaient tout ce que j’aurais jamais. Et je les aimais tant !

Elle tendit les bras vers les ombres et les ombres dedans l’ombre.

— Ils sont venus parce que je les aimais… parce qu’il me les fallait. Je… je dois les avoir fait venir. Fut-ce mal, dites-moi ?

— Non… non.

— Je… je vous accorde que les jouets et… et toutes ces choses-là furent absurdes, mais… mais je détestais moi-même tellement les pièces vides quand j’étais petite ! (Elle désigna du doigt la galerie.) Et les corridors tout vides… Et comment pouvoir jamais supporter la porte du jardin fermée ? Supposez…

— Assez ! Par pitié, assez ! m’écriai-je.