— La Guadala. Hé ! Non, je ne pense pas. Son capitaine il est trop grosse bête. Mais je pensais qu’elle était partie sur la côte. Vos canonnières comme celle-ci fourrent leur nez et poussent leur aviron en tous lieux. Où est la Guadala ?

— Sur un haut-fond. Échouée jusqu’à ce que je l’en sorte.

— Il y a des morts ?

— Non.

Le gouverneur poussa un profond soupir de soulagement.

— Il n’y a pas de morts ici non plus. Vous voyez donc que personne n’est mort nulle part, et que rien n’est perdu. Capitaine, vous allez parler aux hommes de la Compagnie. Je pense qu’ils ne sont pas contents.

— Il y a de quoi !

— Ils ne sont pas raisonnables. Je pensais qu’ils s’en retourneraient. Je laisse leur fortin tranquille toute la nuit pour leur permettre de sortir, mais ils restent et me font face au lieu de reculer. Ils ne savaient pas qu’il nous faut vaincre beaucoup dans toutes ces batailles, ou sinon le roi il est jeté à bas de son trône. Maintenant nous avons gagné cette bataille… cette grande bataille (il étendit largement les bras) et je pense que vous direz aussi que nous avons gagné, capitaine. Vous êtes royaliste aussi ? Vous ne voudriez pas troubler la paix de l’Europe ? Capitaine, je vous l’affirme. Votre reine elle sait aussi. Elle ne voudrait pas combattre son cousin. C’est une… une chose à main levée.

— Une quoi ?

— Une chose à main levée. Une affaire qu’on règle. Comment dites-vous ?