— Allez-vous-en chez vous, les deux bohémiens. Allez-vous-en et apprenez à chanter quelque chose qui en vaille la peine.

Après l’un de ces tristes jours de honte, Virgo, qui marchait au côté de Leo, vit la pleine lune se lever par-dessus les arbres, et elle saisit le bras de Leo en s’écriant :

— Voici que le temps est révolu. Oh ! Leo, pardonne-moi !

— Qu’y a-t-il ? dit Leo, qui pensait aux autres chanteurs.

— Oh ! mon mari ! répliqua-t-elle.

Et elle porta la main à son sein, et le sein qu’il connaissait si bien était dur comme pierre. Leo soupira, et se rappelant les paroles du Crabe, il s’écria :

— A coup sûr nous étions autrefois des dieux.

— A coup sûr nous sommes toujours des dieux, reprit Virgo. Ne te rappelles-tu pas que toi et moi nous sommes allés à la Maison du Crabe et… que nous n’étions pas trop effrayés ? Et depuis lors… nous avons oublié dans quel but nous chantions… Nous chantions pour des sous, et, hélas ! nous avons lutté pour des sous !… Nous qui sommes les Enfants du Zodiaque !

— C’était ma faute, dit Leo.

— Comment peut-il y avoir de ta faute qui ne soit aussi la mienne ? dit Virgo. Mon temps est révolu, mais tu vivras encore longtemps, et…