— Je vous le disais, que vous resteriez gardien de l’arsenal, Juddy. Demain, une côte de bœuf frais et trois douzaines de croquettes à la glace. A la glace, vous entendez, Juddy ?
Judson-Pardieu sortit avec le capitaine d’état-major.
— Dites donc, qu’est-ce que le vieux peut vouloir à Judson ? demanda Keate, du comptoir.
— Sais pas. Quand même, Juddy est un rudement brave type. Je voudrais bien l’avoir avec nous sur la Mongoose.
Le lieutenant de la Mongoose se laissa aller dans un fauteuil, et pendant une heure lut les journaux arrivés par la malle. Puis il aperçut Judson-Pardieu dans la rue et le héla. Les yeux très brillants, Judson tenait la tête très haute, et il marchait allégrement. Il ne restait plus dans le club que le lieutenant de la Mongoose.
— Judson, cela va être un beau combat, dit le jeune homme après avoir entendu les nouvelles débitées par l’autre à mi-voix. Vous aurez probablement à combattre, et pourtant je ne vois pas à quoi pense le vieux, de…
— J’ai reçu l’ordre de ne livrer combat sous aucun prétexte, dit Judson.
— Aller-regarder-voir ? Pas autre chose ? Quand partez-vous ?
— Ce soir si possible. Il faut que je m’en aille veiller aux préparatifs. Dites donc, j’aurais besoin de quelques hommes pour la journée.
— Tout ce qui est sur la Mongoose est à votre service. Voilà mon youyou qui arrive là-bas. Mort, ivre ou endormi, je connais cette côte, et vous aurez besoin d’en savoir le plus possible. Si nous avions pu être ensemble, nous deux ! Venez avec moi.