Il fit et refit ce conte avec tant d’éloquence qu’il finit par y croire, tandis que sa femme s’étonnait des mœurs et coutumes de certaines femmes.

Lorsque l’action languissait, mistress Shady intervenait toujours au bon moment dans le duo conjugal, pour rallumer la flamme affaiblie de la défiance dans l’âme de mistress Bent, et contribuer de toutes les façons à faire régner la paix et le confort dans l’hôtel.

Mistress Bent n’avait pas une existence fort heureuse, car si l’histoire de mistress Waddy était vraie, Bent était, au dire de sa femme, l’homme le plus indigne de confiance qui fût au monde.

A l’en croire lui-même, il avait des manières et une conversation si attrayantes qu’il fallait constamment le tenir à l’œil. Et quand il l’eut, cette surveillance, il se repentit sincèrement de son mariage et négligea sa tenue.

Mistress Delville, seule de l’hôtel, ne changeait pas.

Elle recula sa chaise de six pas vers le bout de la table, et de temps à autre, à la faveur du demi-jour, risqua quelques ouvertures amicales auprès de mistress Bent, qui les repoussa.

—Elle fait cela à cause de moi, donnait à entendre la vertueuse Bent.

—C’est une femme dangereuse et intrigante, ronronnait mistress Waddy.

Et ce qu’il y avait de pis, c’est que tous les autres hôtels de Simla étaient pleins.

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