A ce moment, le sergent porte-drapeau entra avec des papiers. Bobby réfléchit un instant pendant que Revere examinait les états de la compagnie.
—Est-ce que Dormer fait quelque chose, sergent? demanda Bobby du même ton que s’il continuait une conversation interrompue.
—Non, monsieur, il fait son service comme un automate, dit le sergent qui aimait à employer les grands mots. Un sale soldat, celui-là, et qui a toute sa solde retenue pour un équipement neuf. Le sien est tout couvert d’écailles.
—D’écailles? Quelles écailles?
—Des écailles de poisson, monsieur. Il est toujours à fourrager dans la rivière et à nettoyer ces poissons, ces muchly, avec ses pouces.
Revere était toujours absorbé par l’examen des papiers de la compagnie, et le sergent, qui avait pour Bobby une affection sévère, reprit:
—Il y va généralement quand il est tout à fait plein. Vous m’excuserez de dire ça, monsieur, et on dit que plus il est raide... c’est-à-dire plus il est pochard... plus il prend de poisson. On l’appelle dans la compagnie le marchand de marée toqué.
Revere signa le dernier papier et le sergent s’en alla.
—C’est là un sale amusement, se dit Bobby.
Puis, s’adressant à Revere: