—Je suis terriblement fatigué, dit Bobby d’une voix languissante. Pourquoi me persécuter de remèdes? Je n’en ai pas besoin... Qu’on me laisse en paix.

Le désir de vivre avait disparu et Bobby était content de s’en aller à la dérive, emporté par le reflux de la mort.

—Mauvais signe, dit le chirurgien-major, il ne tient plus à la vie. Il va au devant de la mort, ce pauvre enfant.

Et il se moucha.

A un mille de là, la musique du régiment jouait l’ouverture pour le concert, car on avait dit aux hommes que Bobby était hors de danger. Les notes sonores des cuivres et les gémissements des cors arrivèrent aux oreilles de Bobby.

Est-il au monde une seule joie, une seule peine,
Que je ne doive jamais connaître?
Vous ne m’aimez pas, à quoi bon?
Souhaitez-moi le bonjour et allez-vous-en.

Une expression d’irritation désespérée traversa la figure du jeune homme et il fit un effort pour secouer la tête.

Le chirurgien-major se pencha:

—Qu’y a-t-il, Bobby?

—Pas cette valse, murmura Bobby. «Le voici, notre cher petit, notre bien cher petit, bonne maman.»