Mistress Wessington était la centième.

Jamais mon aversion ouvertement exprimée, jamais les mauvais procédés, malgré la brutalité dont j’assaisonnais nos entrevues, n’eurent le moindre effet sur elle.

—Jack, mon chéri, tel était son éternel roucoulement, je suis convaincue que c’est un malentendu,—un affreux malentendu, et nous redeviendrons bons amis un de ces jours. Je vous en prie, pardonnez-moi, Jack, mon cher.

Les torts étaient de mon côté, je le savais. Et de le savoir, cela changeait ma pitié en une endurance passive, et puis de temps en temps, en une haine aveugle, par ce même instinct qui nous presse à poser méchamment le pied sur une araignée que nous n’avons encore qu’à moitié tuée.

Et la saison de 1882 s’acheva avec cette haine dans mon cœur.

L’année suivante, nous nous retrouvâmes à Simla, elle avec sa face monotone et ses timides essais de réconciliation, moi ayant toujours jusque dans la dernière fibre de mon être la répulsion qu’elle m’inspirait.

Plusieurs fois, il me fut impossible d’éviter le tête-à-tête avec elle, et chaque fois elle me tint exactement le même langage.

Toujours cette plainte déraisonnable qu’il n’y avait «qu’un malentendu», toujours cet espoir «qu’un jour ou l’autre nous redeviendrions bons amis.»

Si j’avais tenu à regarder, j’aurais pu m’apercevoir qu’elle ne vivait que par cette espérance.

Elle s’affaiblissait, s’amaigrissait de mois en mois.