Je tournai la tête et je vis qu’elle avait fait faire demi-tour à son rickshaw, sans doute dans l’intention de me rejoindre.
Cette scène et l’endroit où elle se passa sont restés photographiés dans ma mémoire.
Le ciel rayé de pluie (nous étions à la fin de la saison humide), les prés à la nuance ternie, dégouttants d’eau, la route boueuse, et les escarpements de rochers noirs, entaillés par la poudre, formaient un arrière-plan sombre sur lequel se dessinaient nettement sur le noir les livrées noir et blanc des porteurs, le rickshaw à caisse jaune, et mistress Wessington penchant sa tête avec sa chevelure dorée.
Elle tenait son mouchoir de la main gauche, et, dans son épuisement, se renversait sur les coussins du rickshaw.
Je fis prendre à mon cheval un chemin de traverse près du réservoir de Sanjowlie, et je m’enfuis, littéralement.
Une fois je crus entendre un faible appel:
—Jack!
C’était peut-être une imagination. Je ne m’arrêtai point pour m’en assurer.
Dix minutes plus tard, je rencontrai Kitty à cheval et le charme d’une longue promenade avec elle me fit oublier cette entrevue.
Mistress Wessington mourut huit jours après et ainsi disparut l’inexprimable fardeau qu’était son existence pour la mienne.