Parfaitement heureux je regagnai les plaines.

Trois mois ne s’étaient pas écoulés que je ne songeais plus à elle, à moins que de vieilles lettres retrouvées ne vinssent rafraîchir désagréablement le souvenir de nos relations défuntes.

En janvier, j’avais déterré tout ce qui restait de notre correspondance au milieu de mes affaires en désordre et je l’avais jeté au feu.

Au commencement d’avril de cette même année 1885, j’étais de nouveau à Simla—Simla à moitié abandonné, et je passais tout mon temps à des promenades d’amoureux avec Kitty.

Il fut décidé que notre mariage aurait lieu à la fin de juin.

Vous comprendrez par là qu’aimant Kitty comme je l’aimais, je ne dis rien de trop en affirmant qu’à cette époque, j’étais l’homme le plus heureux qu’il y eût dans l’Inde.

Quatorze jours charmants s’écoulèrent sans que je m’aperçusse de leur fuite.

Puis, revenant soudain au sentiment des convenances qui s’imposent aux mortels dans la situation où nous étions, je fis remarquer à Kitty qu’un anneau de fiançailles était le signe extérieur et visible de sa dignité de jeune fiancée et qu’elle devait sans retard se rendre chez Hamilton pour se faire prendre la mesure d’un anneau de ce genre.

Jusqu’à ce moment-là, je vous en donne ma parole, nous avions totalement oublié une question aussi vulgaire.

Nous nous rendîmes donc chez Hamilton le 15 avril 1885.