Je faisais des visites, je montais à cheval, je dînais en ville sans jamais éprouver la moindre gêne.
J’avais pour la société de mes semblables une passion que je n’avais jamais éprouvée jusqu’alors.
J’étais avide de prendre ma part des réalités de la vie et en même temps j’éprouvais un vague malaise quand j’étais resté trop longtemps séparé de ma fantastique compagne.
Il me serait presque impossible de décrire mes variables états d’esprit depuis le 15 mai jusqu’au présent jour.
Tour à tour la présence du rickshaw me remplissait d’horreur, de crainte aveugle, ou d’une sorte de vague plaisir, ou de sombre désespoir.
Je n’osais sortir de Simla et je savais qu’y rester, c’était me tuer.
Je savais en outre que mon destin me condamnait à mourir d’une mort lente, un peu chaque jour.
Ma seule préoccupation était d’aller aussi tranquillement que possible jusqu’au bout de mon châtiment.
Tantôt j’avais un désir ardent de voir Kitty et j’assistais à ses flirts effrontés avec un inconnu, ou pour parler plus exactement, avec mes successeurs.
Cela m’intéressait, m’amusait.