Elle était autant en dehors de ma vie que j’étais en dehors de la sienne.

Le jour, j’étais presque content de me promener avec mistress Wessington.

La nuit je suppliais le ciel de me laisser rentrer dans le monde tel que je le connaissais.

Et au-dessus de ces états d’esprit successifs planait la sensation d’étonnement engourdi, indécis, de cette fusion du visible et de l’invisible, qui se mêlaient si étrangement sur cette terre, dans le but de pourchasser, de mettre aux abois, de pousser dans la tombe une pauvre âme.

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27 août.

Heatherlegh m’a donné ses soins sans jamais se lasser et m’a dit seulement hier que je devrais faire une demande de congé pour maladie.

Une demande pour échapper de la compagnie d’un fantôme! Une demande pour obtenir que le gouvernement veuille bien me permettre de me débarrasser de cinq fantômes et d’un rickshaw aérien en allant en Angleterre!

La proposition de Heatherlegh m’a fait éclater d’un rire presque convulsif.

Je lui ai dit que j’attendrais tranquillement le dénoûment à Simla et je suis sûr que ce dénoûment ne tardera pas.