Certes, un fantôme, qui hanterait les environs d’un bungalow, serait un fantôme atteint de folie; mais il est mort dans les bungalows un tel nombre de fous, qu’il doit y avoir un fort tant pour cent de fantômes fous.
L’heure venue, j’ai trouvé mon fantôme ou, pour mieux dire, mes fantômes, car il y en avait deux.
Nous appellerons ce bungalow-là le relais de Katmal; mais cela c’était le côté insignifiant de l’horrible chose.
Quand on a la peau sensible, on n’a pas le droit de dormir dans les bungalows de relais: on doit prendre femme.
Le bungalow de Katmal était vieux, moisi, laissé à l’abandon. Le sol était de briques usées, les murs sales et les fenêtres presque noires de poussière.
Il était situé sur un chemin de traverse très fréquenté par les sous-commissaires auxiliaires indigènes de tout genre, depuis l’administration des Finances jusqu’à celle des Forêts, mais les vrais sahibs étaient rares.
Le Khansamah, que la vieillesse avait presque ployé en deux, l’avouait.
Quand j’arrivai, le temps s’était mis, dans la région, à la pluie capricieuse et irrégulière, avec accompagnement constant de vent, dont chaque rafale faisait un bruit d’ossements desséchés dans les raides palmiers arack qui se dressaient au dehors.
Le Khansamah perdit complètement la tête à mon arrivée.
Il avait été jadis au service d’un sahib. Il me nomma un homme bien connu, qui avait été enterré plus d’un quart de siècle auparavant, et me montra une photographie sur cuivre qui représentait cet homme à l’époque préhistorique de sa jeunesse.