Mistress Hauksbee ne fut pas longtemps à apprendre d’Otis lui-même tout ce qu’elle voulut savoir sur son sujet d’expérience.
Elle sut quelle existence il avait menée dans ces districts qu’elle désignait vaguement par ces mots: «Ces terribles pays du choléra».
Elle apprit aussi, mais cela seulement plus tard, quel genre de vie il avait compté mener, et quels rêves il avait faits dans l’an de grâce 1877, avant que la cruauté de la vie vint lui briser le cœur.
Les sentiers ombreux, où l’on chevauche autour de la colline de la Perspective, étaient très agréablement accommodés pour ce genre de confidences.
—Pas encore, disait mistress Hauksbee à mistress Mallowe. Pas encore, il faut que j’attende que l’homme soit au moins habillé convenablement. Grand Dieu, est-il possible qu’il ne se doute pas combien il est honorable pour lui que, moi, je me charge de lui?
Mistress Hauksbee ne comptait point parmi ses défauts la fausse modestie.
—Toujours avec mistress Hauksbee! disait mistress Mallowe, à demi-voix avec son plus doux sourire, à Otis. Oh! les hommes! Voici nos Punjabis qui murmurent sur ce que vous avez accaparé la femme la plus aimable de Simla. Un jour ou l’autre, ils vous mettront en pièces sur le Mail, monsieur Yerre.
Et mistress Mallowe descendit la côte à grand bruit, après s’être assurée, par un regard jeté par-dessous la frange de son ombrelle, de l’effet produit par ses paroles.
Le coup alla à son but.
C’était évident! Otis Yeere était un personnage dans ce tourbillon affolant de Simla. Il avait accaparé la femme la plus charmante de Simla et les Punjabis murmuraient.