PARIS—Iᵉʳ
P.-V. STOCK, ÉDITEUR
155, RUE SAINT-HONORÉ, 155
DEVANT LE THÉATRE-FRANÇAIS
—
1910
De cet ouvrage il a été tiré à part,
sur papier de Hollande, huit exemplaires
numérotés et paraphés par l’éditeur.
A NONCE CASANOVA
20 Avril 1909.
Nous connaissons tous le cèdre du Liban. Les Poètes de la Bible l’ont chanté comme le plus altier et le plus superbe des arbres de l’Asie, et Jussieu, au siècle le moins créateur de légendes, a renouvelé la sienne en le rapportant à travers les flots de la Méditerranée et en le nourrissant de partie de sa ration d’eau.
Nous en savons bien moins long sur le Déodar ou Déodara, le cèdre de l’Himalaya. Bien qu’on l’ait acclimaté dans la forêt de Fontainebleau, ce conifère aux rameaux flexibles et inclinés, à la feuille glauque et blanchâtre, nous est à peu près inconnu.
Voici Kipling, qui va nous initier aux charmes des Déodars qui couvrent les pentes de l’Himalaya.
N’était-il pas naturel qu’il empruntât, lors de ses débuts, le titre d’un de ses recueils de nouvelles à un arbre aussi abondant au Jakko et aux bords de Simla.
C’est, en effet, à la période de sa vie ou il venait d’écrire les Simples Contes des Collines, Trois Troupiers et Au Blanc et Noir que se rattachent les pages que nous présentons aujourd’hui au public français.
Nos lecteurs y retrouveront Madame Hauksbee en compagnie de son amie Madame Mallowe, le Tertium quid dont Kipling leur a ailleurs promis l’histoire, la Colline de l’Illusion. Ce sont d’anciennes connaissances qu’on revoit volontiers.