Lorsque Samson brisa les colonnes de Paza, il fit une chose de mince importance, qui ne mérite point d’être comparée à celle qu’accomplit une femme en faisant choir son foyer domestique sur sa tête.

Mistress Boulte n’avait pas de sage amie pour faire comprendre à cette prudente personne qu’elle devait garder sa langue.

Elle frappa Boulte au cœur, parce qu’elle était elle-même tourmentée de ses doutes au sujet de Kurrell, parce qu’elle était lasse jusqu’à l’accablement d’avoir fait le guet pendant tout le temps des pluies.

Elle parlait sans avoir un plan, un but.

Les phrases venaient d’elles-mêmes.

Boulte écoutait, adossé au montant de la porte, les mains dans ses poches.

Quant tout fut fini, quand mistress Boulte se mit à respirer par le nez avant de fondre en larmes, il éclata de rire et se mit à regarder fixement les hauteurs de Dosheri, en face de lui.

—Est-ce tout? dit-il. Merci, je ne tenais qu’à savoir.

—Qu’est-ce que vous allez faire? dit la femme entre deux sanglots.

—Faire? Mais rien! Qu’est-ce que je ferais? Tuer Kurrell, ou vous renvoyer au pays, ou demander un congé pour obtenir un divorce? Il faut deux jours en dâk pour aller à Narkarra.