Il éclata de rire. Puis il reprit:
—Je vais vous dire ce que vous pouvez faire, vous. Vous pouvez inviter Kurrell à dîner demain,—non, jeudi.—Comme cela, vous aurez le temps de faire vos paquets,—et vous pourrez vous sauver avec lui. Je vous donne ma parole que je ne courrai point après vous.
Il prit son casque et sortit.
Mistress Boulte s’assit jusqu’au moment où le clair de lune mit une barre lumineuse sur la porte, et songea, songea, songea.
Elle avait fait de son mieux, sous l’impulsion du moment, pour abattre la maison, mais celle-ci ne voulait pas tomber.
En outre, elle n’arrivait pas à comprendre son mari et elle avait peur.
Alors, elle fut frappée de la folie qu’elle avait commise par cette inopportune confession.
Elle eut honte d’écrire à Kurrell pour lui dire:
«J’ai eu un moment de folie et j’ai tout raconté. Mon mari dit que je suis libre de fuir avec vous. Procurez-vous un dâk pour jeudi, et nous nous sauverons après le dîner.»
Il y avait dans cette façon d’agir une froideur qui ne lui disait rien. Elle resta donc chez elle, à réfléchir.