—Menteur que vous êtes!

La figure de Kurrell s’altéra.

—Qu’est-ce qu’il y a? demanda-t-il vivement.

—Pas grand’chose. Ma femme vous a-t-elle dit qu’elle et vous, vous êtes libres d’aller où il vous plaira? Elle a eu l’obligeance de m’expliquer la situation. Vous avez été un véritable ami pour moi, Kurrell, n’est-ce pas, mon vieux?

Kurrell grommela, essaya d’ébaucher une phrase idiote comme pour dire qu’il était prêt à donner «satisfaction». Mais la sympathie qu’il portait à la femme était morte, elle s’était usée pendant la durée des pluies, et mentalement il l’envoyait au diable pour sa stupéfiante indiscrétion.

Il eût pourtant été si facile de lâcher la chose tout doucement, par petits morceaux, tandis que maintenant, il avait sur les bras...

La voix de Boulte le rappela à lui-même.

—Je ne crois pas que ce soit une satisfaction pour moi de vous tuer, et je suis presque sûr que ce n’en serait point une pour vous de me tuer.

Puis d’un ton pleurnicheur, ridiculement en désaccord avec ses griefs, Boulte ajouta:

—Me paraît tout de même malheureux que vous n’ayez pas d’honneur pour garder la femme, maintenant que vous l’avez prise. Vous avez été un ami véritable pour elle, n’est-ce pas?