Mistress Vansuythen devint pourpre et lâcha les rênes. Elle n’entendait pas être mêlée à ces coupables explications.
—Je n’ai rien à voir là-dedans, dit-elle d’abord avec froideur.
Mais les sanglots de mistress Boulte la touchèrent et elle s’adressa à l’homme.
—Je ne sais trop ce que je vais dire, capitaine Kurrell, je ne sais trop comment vous qualifier. Je suis d’avis que vous vous êtes conduit... que vous vous êtes conduit d’une façon abominable, et elle s’est fait contre la table une terrible ouverture au front.
—Cela ne fait pas mal, ce n’est rien, dit mistress Boulte d’une voix faible. Cela importe peu. Dites-lui ce que vous m’avez dit. Dites-lui que vous n’avez aucune affection pour lui. Oh! Ted, est-ce que vous ne la croirez pas?
—Mistress Boulte m’a donné à entendre que vous... que vous l’aimiez jadis... reprit mistress Vansuythen.
—Eh bien, dit brutalement Kurrell, il me semble que mistress Boulte ferait mieux d’aimer d’abord son mari.
—Arrêtez, dit mistress Vansuythen, écoutez-moi d’abord. Je ne tiens pas... je ne cherche pas à savoir quoi que ce soit sur vous et sur mistress Boulte, mais je tiens à vous faire savoir que je vous hais, que je vous regarde comme un chien, et que je ne vous reparlerai jamais, jamais. Oh! je n’ose pas dire ce que je pense de vous, espèce de...
—Je veux parler à Ted, gémit mistress Boulte.
Mais le dogcart partit à grand bruit et Kurrell resta sur la route, confondu, bouillant de colère contre mistress Boulte.