—Qu’ils s’attifent comme ils veulent; ils auront beau faire, jamais ils ne seront présentables avec un nez pareil, dit une oie grise.

Et c’était vrai. Les tadornes avaient une grosse bosse à la naissance du bec, qui gâtait leur figure.

Le long de la côte, des mouettes et des hirondelles de mer planaient et pêchaient:

—Qu’est-ce que vous prenez? demanda une oie sauvage.

—Des épinoches, des épinoches d’Œland. Il n’y en a pas de meilleurs au monde, cria une mouette. Veux-tu en goûter?

Et elle vola vers l’oie, le bec plein de petits poissons.

—Horreur! Tu crois que je voudrais manger de cette saleté-là? dit l’oie.

Le lendemain, le brouillard était aussi intense. Les oies sauvages paissaient dans le pré; Nils était allé au bord de l’eau ramasser des moules. Il y en avait beaucoup; songeant qu’on serait peut-être le lendemain dans un endroit où il ne trouverait rien à manger, il résolut d’essayer de fabriquer un petit sac qu’il remplirait de moules. Il trouva dans le pré de la laîche desséchée, tenace et forte, et il commença à tresser un sac. Ce travail l’occupa pendant plusieurs heures, mais il en fut très content lorsqu’il l’eut achevé.

Vers midi, toutes les oies sauvages de la bande accoururent pour lui demander s’il avait vu le jars blanc.

—Non, il n’était pas avec moi, dit Nils.