— Non, monseigneur, ils n’oseront pas, n’ayez crainte !

Ces paroles sortaient de la fumée. C’était Buton qui les prononçait. En même temps, il s’avança, une pesante barre de fer au poing, et ses gros bras velus retroussés jusqu’aux coudes.

— Mais il y a une chose que vous devrez faire, dit-il.

— Quoi donc ?

— Vous devrez mettre la cocarde tricolore. Avec cela ils n’oseront pas vous toucher.

Il montrait un naïf orgueil, que je trouvai tout d’abord inintelligible. Je le comprends mieux à cette heure. Le lendemain, déjà, ce n’était plus pour moi une énigme, mais une redoutable merveille.

Le prêtre saisit l’idée au vol.

— Parfait, dit-il. Buton a trouvé. Ils vous respecteront avec cela.

Et sans me laisser le temps de parler, il détacha la large rosette piquée à sa soutane, et l’épingla sur ma poitrine.

— La vôtre, maintenant, Buton, reprit-il (et prenant celle du forgeron — elle n’était rien moins que propre — il l’assujettit sur l’épaule de Denise). Allons, monsieur le vicomte, emportez-la. Vite, ou nous allons étouffer. Buton et moi marcherons devant, et nos amis que voici vous suivront.