— Avez-vous interrogé Mme Corréas ? dis-je enfin, à tout hasard. Lui avez-vous demandé ce que signifie cette cocarde ?

— Non, répondit-il, je n’y ai pas songé.

— Eh bien ! que ne le lui demandez-vous ? fis-je.

— A moi ? c’est inutile : interrogez plutôt M. le vicomte, répliqua-t-elle d’un ton badin. Demandez-lui de quelle couleur sont les revers d’uniforme de la garde nationale du Quercy.

— Ils sont rouges ! m’écriai-je, dans un élan de joie. Rouges !

Je me le rappelais pour avoir vu l’habit de Buton posé à terre devant la forge. Mais comment Mme de Saint-Alais le savait-elle, je n’en ai pas la moindre idée.

— Bah ! dit M. Flandre, l’air mal convaincu. Et c’est pour cette raison que madame porte la cocarde ?

— Non, monsieur le maire, répondit-elle (et je vis à son sourire malicieux qu’elle allait s’amuser de lui). Ce n’est pas moi qui la porte, mais bien ma fille. Si vous tenez à en savoir plus, vous n’avez qu’à l’interroger elle-même.

M. Flandre avait toute la curiosité et tout le goût du beau sexe propres à un bourgeois. Il minauda :

— Si mademoiselle voulait me faire ce plaisir extrême…