— Mais mon cheval, dis-je, immobile d’ahurissement, je l’ai laissé sur la rue.
— On en prendra soin. Veuillez me faire le plaisir…
Et elle me montra la porte d’un petit geste impérieux.
Je sortis complètement abasourdi. L’homme qui m’avait conduit à l’étage m’attendait. Par un corridor large et spacieux, il me conduisit à une chambre à coucher, où je trouvai tout le nécessaire pour rafraîchir ma toilette. Il prit mon habit et mon chapeau, et s’occupa de moi avec la dextérité d’un valet de chambre consommé. Dans mon ahurissement, je le laissai faire. Mais lorsque, revenu un peu de mon trouble, j’ouvris la bouche pour lui poser une question, il me pria de l’excuser : madame m’expliquerait.
— Madame…? fis-je.
Et mon regard interrogatif attendait qu’il remplît la lacune.
— Oui, monsieur, madame vous expliquera, répondit-il, sans broncher.
Puis, voyant que j’étais prêt, il me reconduisit, non plus à la chambre que je venais de quitter, mais à une autre.
Je crus rêver, en y entrant ; car je ne doutais pas que l’énigme dût m’y être expliquée. Mais je ne trouvai personne. La pièce était spacieuse, et parquetée, avec trois hautes fenêtres étroites, dont l’une, entr’ouverte, donnait accès aux bruits de la rue. Un petit feu de bois brûlait dans une vaste cheminée à colonnes de marbre sculpté ; et dans un coin de la pièce se trouvaient un clavecin, une harpe et un pupitre à musique. Plus près du feu, une petite table ronde, coquettement dressée et éclairée par des bougies disposées dans de vieux candélabres d’argent, formait un tableau enchanteur : devant cette table la dame était assise.
— Avez-vous froid ? dit-elle, en m’accueillant d’un air plein d’affabilité.