— Vous êtes trop aimable, dit-elle, en fixant mon regard sans la moindre gêne. Afin de vous mettre plus à l’aise, je m’en vais vous dire mon nom. Le vôtre, je ne vous le demande pas.
— Vous l’ignorez donc ? m’écriai-je.
— Mais oui ! fit-elle, en riant.
Et ce rire me révéla son extrême jeunesse. Elle était encore presque une petite fille.
— Mais bien entendu, vous pouvez me le dire si cela vous amuse, conclut-elle, avec détachement.
— Alors, madame, j’aurai ce plaisir, répondis-je galamment. Je suis le vicomte de Saux, de Saux près Cahors, et tout à votre service.
Elle resta la main en l’air, et me dévisagea une minute avec un ébahissement véritable. Je crus même lire dans ses yeux un peu d’effroi. Puis elle reprit :
— De Saux près Cahors ?
— Oui, madame. Et je suis amené à craindre, ajoutai-je, voyant l’effet produit par mes paroles, que l’on m’ait pris ici pour un autre.
— Pas du tout ! fit-elle.