Je haussai les épaules et pris la parole.

— Soit, fis-je d’un ton cassant. Mais parce que je perds un ami, monsieur, il ne s’ensuit pas que je doive aussi perdre ma fiancée. Je suis venu à Nîmes pour briguer la main de Mlle de Saint-Alais. Je n’en repartirai pas avant de l’avoir obtenue.

— C’est de la démence ! fit-il avec un soupir.

— De la démence ! Pourquoi ?

— Parce que vous demandez l’impossible. Parce que Mme de Saint-Alais n’est plus à Nîmes… pour vous du moins.

— Je sais qu’elle est à Nîmes.

— Trouvez-la.

— C’est de l’enfantillage ! répliquai-je. Comme si au premier hôtel où j’entrerai, on n’allait pas m’apprendre où votre mère est logée.

— Ni au premier ni au dernier.

— Elle est donc cloîtrée ?