— Certes, il peut cesser de gouverner, répliquai-je avec brusquerie ; mais ce n’est pas là ce que chacun désire.

— Il y aura forcément une période d’agitation, reprit-il, quoique avec moins d’assurance. Les forces de l’ordre, néanmoins, les forces de la loi, finissent toujours par triompher. Je ne doute pas qu’il en soit ainsi une fois de plus.

— Après une période d’agitation ?

— Oui, fit-il. Après une période d’agitation. Et je souhaiterais, je l’avoue, que nous l’ayons dépassée. Mais gardons haut les cœurs, monsieur le vicomte. Fions-nous au peuple : remettons-nous-en à son bon sens, à sa capacité de gouverner, à sa modération…

Force me fut de l’interrompre.

— Qu’est-ce, Gilles ? dis-je, en m’excusant d’un geste.

Le valet venait de sortir du château et attendait pour me parler.

— Monsieur le vicomte, c’est M. Doury, qui arrive de Cahors, répondit-il.

— Doury, l’aubergiste ?

— Oui, monsieur, avec Buton. Ils demandent à vous voir.