— Qu’est-ce donc ? Qu’allez-vous faire ? grogna-t-il.
— Leur parler de la fenêtre.
— Ils ne vous écouteront pas.
— N’importe, je veux essayer. Que nous reste-t-il d’autre ?
— Des balles et de l’acier, répondit-il, d’un ton qui me fit frémir. Voilà les fusils de chasse de M. le marquis ; ils portent juste. Prenez-en un, monsieur le vicomte ; je prendrai l’autre. Il en reste encore deux, et nos hommes savent tirer. Nous tiendrons l’escalier, à tout le moins.
Je pris machinalement l’un des fusils, au milieu de cet affreux tintamarre : des lamentations et un tonnerre de coups à l’intérieur ; au dehors, les hurlements farouches de la foule forcenée. Nul secours à attendre, de toute une heure ; et sur le moment le cœur me défaillit dans cette passe désespérée. J’admirai le courage du régisseur.
— Vous n’avez pas peur ? lui demandai-je.
Je savais à quel point il avait foulé les pauvres misérables du dehors ; combien il les avait affamés, pressurés et maltraités depuis de longues années.
Il maudit ces brutes.
— Vous défendrez mademoiselle ? dis-je fiévreusement.