PLANCHE XXXVI.
(V, t. III de l'Édition royale.)
Cette peinture, dont le champ est vert, représente une Nymphe vêtue d'une tunique jaune. Ses cheveux blonds sont tressés avec soin autour d'un diadême; elle a les pieds nus, elle paraît marcher et cueillir en passant une fleur sur la tige qui s'élève auprès d'elle; elle porte une corne d'abondance où l'on voit quelques fleurs; c'est l'une des Heures, compagnes de l'Aurore ou de Flore, cueillant les fleurs qu'elle sèmera sur son passage; ou bien c'est Chloris elle-même, l'amante, l'épouse de Zéphir, régnant dans son empire. Ces Divinités sont représentées vêtues d'habits teints de vives couleurs empruntées des fleurs même. L'habillement de cette Nymphe prend le nom particulier de crocota, du crocus ou safran dont elle est teinte.
Cette peinture fut trouvée à Gragnano, en 1759.
Hauteur, 1 P. 2 p°.—Largeur, 10 p°.
PLANCHE XXXVII.
(VI, t. III de l'Édition royale.)
Parmi les rapports que cette peinture pouvait offrir avec quelques traits de l'histoire héroïque, les Académiciens de Naples paraissent s'être attachés particulièrement à la reconnaissance d'Ulysse et de Pénélope. Cependant le costume du jeune guerrier devait écarter cette idée, et semble devoir fixer toutes les incertitudes. Comment ne pas reconnaître le beau Pâris dans cet habit phrygien qui s'éloigne en tout du costume grec, et qui est tel que nous l'ont décrit Euripide et Virgile! Ce bonnet, bien différent du bonnet marin que Polygnote avait approprié à Ulysse; la tunique à longues manches, les pantalons formant des plis sur les jambes désignent aussi, dans les monumens, ce favori de Vénus; ces armes lui appartiennent; c'est l'arc, ce sont les flêches, ces flêches qui tueront Achille. Au-lieu d'Ulysse et de Pénélope, M. Visconti voit ici, avec plus de vraisemblance, Pâris séduisant Hélène. L'épouse de Ménélas paraît dans ce combat de l'Amour et de la Pudeur, qu'Ovide a retracé dans ses Héroïdes, qu'un artiste grec a exprimé dans un bas-relief publié par Winckelmann, et éclairci par des inscriptions grecques. Ces yeux baissés et ce doigt levé annoncent encore l'incertitude; le fils de Priam semble vouloir la dissiper; il présente la main ouverte en signe de bonne foi. La princesse est assise sur un siége d'un beau travail et orné d'un marche-pied, circonstance qui désigne toujours une personne de distinction. Ses cheveux blonds, en partie relevés, laissent échapper de longues tresses sur ses épaules; elle est vêtue d'une tunique couleur d'or et d'un manteau violet. La négligence qu'on remarque dans l'arrangement de ses cheveux et de ses draperies, semble annoncer l'accès facile que l'hospitalité donne à son séducteur auprès d'elle. Cette peinture remarquable par la finesse et la vérité de l'expression, par la pose des figures et le costume, fut trouvée à Gragnano en 1759.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P.