Hauteur, 1 P. 8 p°. 5 lig.—Largeur, 1 P. 5 p°. 7 lig.

PLANCHE XLII.

(XIII, t. III de l'Édition royale.)

Cette peinture dont le champ est bleu, représente une jeune et belle Femme vêtue d'une tunique longue de couleur changeante, et d'un manteau rouge qui voltige derrière elle; ses cheveux blonds sont relevés avec soin; ses bras sont parés de bracelets d'or; elle porte un arc détendu et une flêche ou plutôt un dard. Comme Diane, ou comme une nymphe de sa suite, on la voit l'épaule découverte, le sein et le bras nus. Ces habits longs, cependant, conviennent peu à une chasseresse. Diane, avec l'arc et les flêches, n'est pas toujours représentée dans l'appareil de la chasse; alors elle est armée pour punir les villes impies ou les femmes qui ont mérité sa colère: on pourrait rapporter cette idée l'intention du peintre; peut-être aussi ne doit-on voir, dans cette figure, qu'une nymphe, qui la Déesse a remis ses armes pour en prendre soin.

Hauteur, 1 P. 2 p°. 1 lig.—Largeur, 9 p°. 9 lig.

PLANCHE XLIII.

(XIV, t. III de l'Édition royale.)

Cette peinture fut l'une des premières découvertes qu'offrirent les fouilles de Résine; elle se trouvait détachée du mur. Sa grande antiquité et sa beauté la rendent également curieuse; il est regretter qu'elle soit endommagée en plusieurs endroits. Le sanglier, dont on ne voit que la hure et les pattes, peut faire soupçonner qu'elle a quelque rapport avec la fameuse chasse de Calydon, et principalement avec la guerre qui éclata entre les Curètes et les Étoliens pour ces glorieuses dépouilles. Méléagre, suivant le récit d'Homère (Ill. IX) faisait triompher les Étoliens; le héros, irrité des imprécations d'Althœa, sa mère, dont il avait tué les frères, s'obstina à ne plus combattre; les Étoliens vaincus implorèrent son secours: «leurs vieillards le priaient en supplians, et lui députaient les prêtres les plus révérés». Méléagre, après avoir résisté toutes les instances, se laissa toucher par les larmes de Cléopâtre, son épouse. Le vieillard debout, vêtu d'une draperie qui passe en écharpe sous le bras droit, ayant pour chaussure des semelles attachées avec de minces courroies, serait le député des Étoliens; la coiffure qui lui couvre la tête, peut désigner un prêtre; le bâton long, qui n'est autre chose que le sceptre antique, l'anneau qu'il porte un doigt de la main gauche, sont des marques de dignité. L'inclinaison de la tête dans celui-ci annonce un suppliant. Le vieillard assis, qui l'écoute avec intérêt, serait le roi Œnée, père de Méléagre; il s'appuie sur un sceptre; il a pour vêtement la chlamyde rejetée en arrière, selon le costume héroïque. La peinture dégradée ne permet point de distinguer l'action du jeune homme écoutant une belle femme largement drapée; c'est, sans doute, le prince, se laissant fléchir par Cléopâtre, son épouse. Le chien de chasse armé d'un collier à pointes acérées, la tête tournée vers lui, semble le désigner ingénieusement.