Hauteur, 2 P. 7 p°. 5 lig.—Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.

PLANCHE XLIV.

(XV, t. III de l'Édition royale.)

Plusieurs Héros de l'antiquité se signalèrent par leur pudeur, et devinrent célèbres par les dangers auxquels la fureur d'une amante dédaignée les exposa. Bellerophon, insensible aux feux de l'épouse de Prœtus, Sténobée ou Antée, suivant Homère, fut accusé par elle, et vainquit la redoutable chimère qu'il eut à combattre. Pélée, le père du grand Achille, fameux par sa lance, respectant l'hospitalité, refusa de répondre aux voeux d'Astydamie, épouse d'Acaste, roi d'Iolchos; les Dieux l'armèrent contre les bêtes féroces, auxquelles il fut exposé, et la vertu fut encore sauvée. Mais le généreux Hippolyte, célébré chez les anciens par Euripide et Sénèque, chez nous, par notre Racine, exemple et victime de la vertu la plus pure, eut contre lui les fureurs d'une marâtre méprisée, d'un père irrité et d'un Dieu trop prompt à accomplir l'imprécation paternelle. C'est ce jeune Héros même qui nous paraît faire le sujet de la peinture antique. La détestable Œnone remplit son lâche ministère. Phèdre assise sur un trône d'un beau travail, avec un marche-pied, le front orné d'un bandeau richement brodé, paraît à demi-vêtue; elle ajuste sa tunique sur l'épaule gauche; son bras droit repose sur le dossier de son siége, recouvert d'une draperie bleue qui paraît être son manteau; elle détourne la tête, et laisse lire sur son visage l'attention, la honte et la colère. Le pudique Hippolyte, vêtu de la simple chlamyde héroïque qui retombe derrière les épaules, témoigne sa surprise et ses refus par le geste de la main droite; c'est ce noble maintien, ce front où

Brille de la vertu le sacré caractère.

Il porte la lance, arme célèbre des Héros. Un jeune écuyer, vêtu d'un habit succinct, paraît au-dehors tenant un cheval par la bride; ce qui fait allusion à la passion du fils de Thésée pour les coursiers et pour la chasse. La bride du cheval est telle qu'on la remarque dans la colonne Trajane, et semblable celle en usage de nos jours. Le poitrail est orné d'un croissant, peut-être formé de la dent d'un animal sauvage, suivant quelques auteurs, Le cheval porte une housse qui tenait lieu de selle aux anciens.

La seconde peinture (XVIII, t. III de l'Édit. roy.) représente une Néréide se jouant avec un taureau marin; ses cheveux sont arrangés avec soin et ornés d'une bandelette entrelacée de petites feuilles. Le mouvement du taureau est plein de pétulance; la nymphe l'embrasse et le regarde avec familiarité.

Sujet PRINCIPAL.—Hauteur, 2 P. 2 p°. 5 lig.—Largeur, 2 P. 7 p°.