PLANCHE XLV.
(XVI, t. III de l'Édition royale.)
Cette peinture représente une Néréide portée par un cheval marin, qu'elle guide avec des rênes. Son manteau, enflé par le vent, est d'un rouge obscur, et fait briller la carnation délicate de son corps. Ce manteau, qu'elle retient avec grâce par un bout, rappelle l'image que Philostrate donne de Galatée (II Im. XVIII). La nymphe porte des cercles d'or aux poignets et au bas des jambes; ses cheveux blonds voltigent sur ses épaules, et le cordon des rênes vient former une croix sur sa poitrine: la souplesse de son corps répond parfaitement au mouvement de la course. La couleur du cheval marin est eau de mer: on appelait ces monstres Hippocampi, de leur désinence en queue de poisson Campa.
Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.
PLANCHE XLVI.
(XVII, t. III de l'Édition royale.)
Ce monstre marin, couleur eau de mer, tacheté de marques rondes et obscures, peut s'appeler une panthère marine. La nymphe qu'il porte, mollement étendue sur sa croupe, .le dos nu et le sein voilé d'une draperie légère agitée par le vent. Ses cheveux blonds relevés en tresses, ses bracelets, ses pendans, formés de perles, annoncent le soin de la parure, Dans une attitude charmante, elle verse d'un vase d'or, dans une patère, une liqueur que le monstre lèche et savoure: sans-doute c'est la liqueur de Bacchus, agréable à la panthère qui lui est consacrée, et que la Néréide traite avec complaisance dans l'empire de Neptune: «Vous êtes les premières, dit Orphée aux filles de Nérée, qui avez enseigné les mystères augustes du divin Bacchus et de la chaste Proserpine»; mais en se rappelant qu'Ino, la tante et la nourrice de Bacchus, reçut l'immortalité parmi les filles de Nérée, on pourrait la reconnaître dans cette nymphe. Cette peinture, sur champ rouge ainsi que la précédente, lui servait de pendant, et fut trouvée avec elle dans les fouilles de Gragnano en 1760.
Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.