[CHAPITRE XIII.]
ARGUMENT.
Hân-wen est inscrit sur la liste d'or, et son nom est proclamé dans les rues de la capitale.
Il forme un heureux mariage qui réunit deux familles.
Des nuages d'un heureux augure entourent le palais de l'empereur.
Des parfums délicieux pénètrent dans le vestibule rouge.
Un décret suprême descend du neuvième ciel.[49]
Il[50] va à la pagode de Louï-pong, et se voit élevé au séjour des dieux.
Mong-kiao ayant fait ses adieux à son oncle et à sa tante, partit pour la capitale, où il désirait obtenir le grade de Tsîn-ssé[51]. Dès qu'il fut arrivé, il choisit un hôtel, où il continua ses travaux littéraires en attendant l'époque du concours. Au jour marqué, il entra avec ses rivaux dans la salle des examens. Il acheva ses trois compositions[52], dont l'élégance et l'éclat ne pouvaient se comparer qu'à une riche broderie, ou à un réseau formé de perles et de pierres précieuses. Quelques jours après, on publia avec solennité la liste des docteurs: Mong-kiao occupait le premier rang.
Quand cette nouvelle parvint à son hôtel, il fut transporté de joie; et à peine le messager fut-il parti, que tous les employés[53] du concours vinrent lui rendre visite et lui présenter leurs félicitations. Mong-kiao les reçut en habits de cérémonie, et se rendit ensuite au banquet que l'empereur offre aux nouveaux docteurs. Il salua le président, et partagea avec ses collègues tous les plaisirs de cette fête. Bientôt vint l'examen appelé Tiên-chi[54], dans lequel l'empereur pose lui-même des questions d'économie politique. Tous les magistrats se tenaient debout, et deux cents Tsîn-ssé (docteurs) étaient prosternés sur les dalles rouges.
Quand on proclama les trois premiers docteurs[55], Mong-kiao s'entendit donner le titre de Tchoang-youân. On nomma ensuite les deux docteurs qui avaient obtenu le titre de Pang-yân et de Tân-hoa.
Ils burent chacun trois tasses de vin, qui leur fut offert au nom de l'empereur; ensuite on orna leurs cheveux de fleurs, et on suspendit au haut d'un étendard, l'ordre impérial qui leur accordait la faveur d'être promenés en pompe dans toute la ville[56]. Pendant trois jours, ils furent entourés d'honneurs et comblés de félicitations. Tous les habitants de la capitale accoururent en foule pour contempler leur brillant cortége, et ils ne purent s'empêcher de faire éclater leur admiration en voyant la jeunesse et la beauté du Tchoang-youân[57].
Quand cette cérémonie fut achevée, les trois docteurs allèrent au palais pour remercier l'empereur du titre qu'il leur avait accordé.