Hân-wen ayant fait connaître aux religieux les bienfaits dont l'empereur l'avait comblé, ils croisèrent les mains sur leur poitrine en signe de respect, et le comblèrent de félicitations.

Le docteur ordonna à un de ses domestiques d'offrir aux religieux vingt onces d'argent[68] pour acheter des parfums.

«Monsieur le docteur, lui dirent-ils, nous ne pouvons recevoir un si riche présent.»

Le docteur les ayant priés avec instance d'accepter cet argent, ils n'osèrent persister dans leur refus. Il invita ensuite son père à quitter avec lui le couvent de la Montagne-d'Or. Les religieux les reconduisirent jusqu'au dehors de la porte.

Revenons maintenant à Ki-kong-fou. Aussitôt que le messager du concours lui eut annoncé que Mong-kiao avait obtenu le titre de Tchoang-youân, sa maison se remplit bientôt de musiciens dont les accords bruyants ébranlaient le ciel et la terre. Ses parents et ses amis accoururent en foule, et la rue fut encombrée en un instant des chevaux et des voitures des visiteurs. Tous les magistrats de la ville vinrent aussi lui offrir leurs félicitations.

Kong-fou et Hiu-chi étaient heureux comme s'ils fussent montés au ciel, et faisaient éclater leurs transports de joie. Nous n'avons pas besoin de dire que Pi-liên[69] partageait toute l'allégresse de ses parents.

Lorsque Kong-fou eut appris ensuite que le docteur avait obtenu un congé pour offrir des sacrifices à ses ancêtres, et accomplir son projet de mariage, il décora sa maison avec magnificence, et fit tous les préparatifs nécessaires en l'attendant.

Le char du Tchoang-youân ne tarda pas à arriver. Tous les magistrats sortirent de la ville pour aller au-devant de lui. Ils le conduisirent en pompe dans sa maison, où il fut reçu au son des instruments de musique, et avec de joyeuses acclamations.

Le docteur salua son oncle et sa tante, qui sentirent redoubler leur joie en voyant que Hân-wen était revenu avec lui. Mong-kiao leur raconta tous les détails de la visite qu'il avait faite au couvent de la Montagne-d'Or, pour voir son père et le ramener auprès de ses parents.

Quand Hân-wen se trouva en présence de son beau-frère et de sa sœur, ils s'embrassèrent tendrement et versèrent des larmes de joie.